Réflexions suggérées par ma lecture du livre : Le triangle primaire- le père la mère et le bébé 

Réflexions suggérées par ma lecture du livre de Elisabeth Fivaz DEPEURSINGE et Antoinette CORBOZ WARNERY : "Le triangle primaire- le père la mère et le bébé".

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Triangle primaire et séparation parentale

Ce que le Lausanne Trilogique Play montre est qu'il y a différentes formes de liens, d'alliance à trois, qui s'établissent entre les parents. Il met en évidence de manière très fine les diverses modalités des interactions entre Père, Mère et bébé, et ce dès les tous premiers âges puisque le test est proposé pour la première séance à 8 semaines (2 mois) puis 12 semaines (3 mois), 24 sem (6 mois), 36 sem. (9 mois), 52 sem. (1 an).

Avec à la sortie de cette période, un lien d'une qualité affective variable, pourrait-on dire entre chacun des parents et le bébé, en fonction de ces toutes premières interactions précoces à plusieurs.
 
Ceci est tout à fait interessant pour réfléchir aux incidences de la séparation parentale en fonction de l'âge du bébé et de la qualité du lien qu'il a construit avec chacun des parents.
 
On pourrait chercher à démontrer que la séparation parentale n'a pas du tout les mêmes conséquences pour le bébé suivant qu'il aura été élevé dans telle ou telle configuraton famliale. Ainsi sans tout attendre des capacités de résilience du BB, on pourrait prendre des mesures réellement en relation avec le meilleur maintien possible des liens conformément à l'intérêt du bébé ou du jeune enfant.
 
Question, comment le JAF peut-il rendre une décision opportune dans le sens du meilleur maintien possible des liens du bébé, si à aucun moment on a cherché à les envisager, à les jauger. Suivant quel critère le juge rendra-t-il sa copie si on ne lui a présenté comme existant et à valoriser que le seul lien à la mère?
 
Ceci devrait inciter à la plus grande prudence les psy les plus péremptoires en matière d'intérêt de l'enfant.

Le LTP montre que le bébé est pris dans un réseau complexe de liens dès sa première année de vie, il n'est nullement attaché à sa seule mère, et n'a pas plus besoin d'elle que de son père.
 
Au contraire, il vit à la fois une relation singulière avec chacun de ses parents et avec tous les deux en même temps suivant la manière dont a fonctionné la triangulation primaire de la famille.
 
Si nous réfléchissons aux incidences de la séparation parentale sur les tous petits avec à l'esprit ce modèle de la triangulation primaire, il nous semble impossible et même préoccuppant d'écarter par principe la résidence alternée pour les tout petits. Au nom de quel à priori, la rejeter d'emblée alors que de nombreux bébés se sont installés dans une relation  triangulaire positive et concrète avec leurs 2 parents dès leurs premiers mois de développement dans la vie? 
Pour quelles raisons n'envisagerions nous pas pour ces bébés la résidence alternée, au lieu de cette rupture fréquente du lien du bébé avec son père dans les cas de séparation précoce du couple parental?
Il semble évident que maintenir l'idée d'une résidence habituelle chez l'un et anecdotique chez l'autre doit aussi être envisagée pour les dommages qu'elle occasionne. Et Il devient absolument inadmissible de critiquer la résidence alternée pour les tous petits sans s'être doté de moyens sérieux d'évaluations et de comparaisons à longs termes des différents mode de garde.

Or, ces moyens de comparaison n'existent pas!

Le prétendu argument clinique de la perturbation du bébé par la résidence alternée, apparaît donc totalement fallacieux.

On imagine juste aujourd'hui avec une bien meilleure intelligence grâce aux travaux de ces chercheuses dans quelle situation psychologique doit se trouver le bébé lorsqu'après avoir éprouvé l'altérité véritable, la triangulation, on lui impose à nouveau un monde dyadique, à cause de la séparation de ses parents. Il passe ainsi brusquement d'un monde en stéréo à un monde en mono, quelque soit le mode de garde retenu.

Si de surcroît on lui interdit l'accès à l'une des sources parentales en fixant une relation habituelle chez l'un des deux parents et pas chez l'autre, on peut vraiment s'interroger sur les conséquences développementales que cela peut avoir pour le sujet.

Mais encore une fois aucun protocole d'étude sérieux de ces incidences n'a pu être établi et ne le sera sans doute jamais tant la complexité d'examen de ces incidences est complexe à mettre en oeuvre sur un  plan scientifique. Mais il est clair aujourd'hui, que se borner à dire qu'un bébé a plus besoin de sa mère que de son père est une stupidité faite au bon sens, et une imposture faite à la scientifique. A la lumière de cette triangulation primaire on peut très bien imaginer que le bébé souffre de la séparation parentale en effet, au même titre qu'un enfant plus grand, peut-être plus encore.

Par conséquent c'est un très mauvais réflexe que de lui interdire la résidence alternée. Car ça n'est pas le mode de garde lui même qui est en cause, les effets sur le sujet étant à évaluer dans une perspective temporelle qui reste encore à définir, c'est la situation développementale elle même. 

Mais en coupant le bébé d'une de ses deux sources parentales, et en le condamnant à une seule piste en mono, comment s'inscrit le manque pour le sujet puisque le livre démontre que la "stéréo parentale" peut déjà se constituer dans les tous premiers instants de la vie?

Il est maintenant incontestable que le bébé se développe en s'étayant sur l'éducation et la présence concrète de ses deux parents, et qu''il y a un donc bien une légitimité à défendre l'égalité parentale.

Georges BLOND, Psychologue.


 

 


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