1
Triangle primaire et séparation parentale
Ce que le Lausanne Trilogique Play montre est qu'il y a différentes formes de liens, d'alliance à trois, qui s'établissent entre les parents. Il met en évidence de manière très fine les diverses modalités des interactions entre Père, Mère et bébé, et ce dès les tous premiers âges puisque le test est proposé pour la première séance à 8 semaines (2 mois) puis 12 semaines (3 mois), 24 sem (6 mois), 36 sem. (9 mois), 52 sem. (1 an).
Le LTP montre que le bébé est pris dans un réseau complexe de liens dès sa première année de vie, il n'est nullement attaché à sa seule mère, et n'a pas plus besoin d'elle que de son père.
Il semble évident que maintenir l'idée d'une résidence habituelle chez l'un et anecdotique chez l'autre doit aussi être envisagée pour les dommages qu'elle occasionne. Et Il devient absolument inadmissible de critiquer la résidence alternée pour les tous petits sans s'être doté de moyens sérieux d'évaluations et de comparaisons à longs termes des différents mode de garde.
Or, ces moyens de comparaison n'existent pas!
Le prétendu argument clinique de la perturbation du bébé par la résidence alternée, apparaît donc totalement fallacieux.
On imagine juste aujourd'hui avec une bien meilleure intelligence grâce aux travaux de ces chercheuses dans quelle situation psychologique doit se trouver le bébé lorsqu'après avoir éprouvé l'altérité véritable, la triangulation, on lui impose à nouveau un monde dyadique, à cause de la séparation de ses parents. Il passe ainsi brusquement d'un monde en stéréo à un monde en mono, quelque soit le mode de garde retenu.
Si de surcroît on lui interdit l'accès à l'une des sources parentales en fixant une relation habituelle chez l'un des deux parents et pas chez l'autre, on peut vraiment s'interroger sur les conséquences développementales que cela peut avoir pour le sujet.
Mais encore une fois aucun protocole d'étude sérieux de ces incidences n'a pu être établi et ne le sera sans doute jamais tant la complexité d'examen de ces incidences est complexe à mettre en oeuvre sur un plan scientifique. Mais il est clair aujourd'hui, que se borner à dire qu'un bébé a plus besoin de sa mère que de son père est une stupidité faite au bon sens, et une imposture faite à la scientifique. A la lumière de cette triangulation primaire on peut très bien imaginer que le bébé souffre de la séparation parentale en effet, au même titre qu'un enfant plus grand, peut-être plus encore.
Par conséquent c'est un très mauvais réflexe que de lui interdire la résidence alternée. Car ça n'est pas le mode de garde lui même qui est en cause, les effets sur le sujet étant à évaluer dans une perspective temporelle qui reste encore à définir, c'est la situation développementale elle même.
Mais en coupant le bébé d'une de ses deux sources parentales, et en le condamnant à une seule piste en mono, comment s'inscrit le manque pour le sujet puisque le livre démontre que la "stéréo parentale" peut déjà se constituer dans les tous premiers instants de la vie?
Il est maintenant incontestable que le bébé se développe en s'étayant sur l'éducation et la présence concrète de ses deux parents, et qu''il y a un donc bien une légitimité à défendre l'égalité parentale.
Georges BLOND, Psychologue.
Ecrire votre commentaire
Vous devez vous connecter pour pouvoir ajouter un commentaire.
